MétéoTravail
RPS

Les 6 familles de RPS selon Gollac : le cadre de référence officiel

Publié le 11 avril 2026 · 9 min de lecture

Quand votre responsable HSE ou votre DRH vous parle d'« évaluer les risques psychosociaux », la question immédiate est : selon quel cadre ? Depuis 2011, la France dispose d'une référence officielle : le rapport Gollac, rédigé par un collège d'experts à la demande du ministère du Travail. Ce rapport identifie 6 familles de facteurs de risques psychosociaux qui constituent aujourd'hui la grille d'analyse reconnue par l'INRS, l'ANACT et l'inspection du travail.

Qu'est-ce que le rapport Gollac ?

Publié en avril 2011, le rapport « Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser » est coordonné par Michel Gollac, sociologue au CNRS, à la demande du ministère du Travail. Il réunit un collège pluridisciplinaire (médecins du travail, ergonomes, sociologues, psychologues, statisticiens) et synthétise une décennie de recherche internationale.

Sa force : proposer un cadre unifié, opérationnel et reconnu — indispensable pour documenter les RPS dans votre DUERP sans se perdre entre les modèles Karasek, Siegrist, Maslach ou Warr.

Pourquoi c'est important pour vous : l'inspection du travail et les tribunaux se réfèrent explicitement au rapport Gollac quand ils évaluent si une entreprise a « pris toutes les mesures nécessaires » pour préserver la santé mentale de ses salariés (obligation de sécurité de résultat, art. L.4121-1 du Code du travail).

Les 6 familles de facteurs psychosociaux

1. L'intensité du travail et le temps de travail

Inclut : quantité de travail à fournir, pression temporelle, interruptions fréquentes, objectifs irréalistes, horaires imprévisibles, travail posté, amplitudes horaires, absence de pauses.

Signaux à surveiller : heures supplémentaires chroniques, emails professionnels le soir et le week-end, délais intenables systématiques.

2. Les exigences émotionnelles

Inclut : contact avec la souffrance (santé, social), exposition à la violence (verbale, physique, clients difficiles), obligation de masquer ses émotions réelles (« sourire forcé »), peur au travail.

Secteurs exposés : santé, médico-social, grande distribution, service client, sécurité, enseignement, restauration.

3. Le manque d'autonomie

Inclut : faible marge de manœuvre dans l'organisation du travail, absence de participation aux décisions qui affectent le poste, sous-utilisation des compétences, procédures rigides, micro-management.

Paradoxe fréquent : les salariés très qualifiés en manque d'autonomie développent des symptômes aussi sévères que les salariés en surcharge.

4. Les rapports sociaux au travail dégradés

Inclut : isolement, manque de soutien des collègues, soutien hiérarchique faible, reconnaissance insuffisante, conflits, harcèlement, management toxique, violence interne.

Facteur le plus prédictif : de tous les facteurs RPS, le soutien social reçu au travail est le plus fort prédicteur de la santé mentale — protecteur s'il est présent, délétère s'il est absent.

5. Les conflits de valeurs

Inclut : travail empêché (ne pas pouvoir faire son métier correctement), qualité empêchée, injonctions contradictoires, demandes éthiquement problématiques, sentiment de travail inutile ou nuisible (« bullshit jobs »).

Dimension émergente : cette famille est de plus en plus souvent au cœur des burnouts chez les cadres et les professions techniques.

6. L'insécurité de la situation de travail

Inclut : précarité de l'emploi (CDD, intérim, sous-traitance), restructurations, changements organisationnels subis, incertitude sur l'avenir du poste, changement d'outils ou de méthodes mal accompagnés.

Impact particulier : c'est la famille qui explique le plus souvent les pics d'arrêts maladie pendant les phases de transformation d'entreprise.

Comment évaluer ces 6 familles dans votre DUERP

Méthode classique : questionnaires validés

L'INRS recommande plusieurs questionnaires scientifiquement validés qui reprennent la grille Gollac :

Limite : ces questionnaires ne peuvent raisonnablement être passés qu'une fois par an, ce qui laisse de larges zones aveugles entre deux mesures.

Méthode complémentaire : baromètre quotidien

Un baromètre QVCT digital comme MétéoTravail ne remplace pas un questionnaire validé pour une évaluation approfondie, mais il fournit un indicateur continu qui permet de :

Approche recommandée : combinez un questionnaire validé annuel (évaluation en profondeur, exigé par l'inspection) ET un baromètre quotidien (pilotage continu, détection précoce). Les deux se complètent sans se concurrencer.

Les 6 familles dans un baromètre QVCT quotidien

MétéoTravail ne demande pas aux salariés de cocher « sur quelle famille ressentez-vous un risque ». Le baromètre mesure une variable unique — l'humeur générale — mais l'analyse des données croisées (par site, par période, par contexte) permet de remonter aux familles Gollac responsables. Par exemple :

Sources et references

Cartographiez vos RPS avec MétéoTravail

Indicateurs quotidiens + export DUERP. À partir de 49€/mois TTC, conforme RGPD.

Démarrer l'essai gratuit

Conclusion

Le rapport Gollac reste la référence française pour évaluer les RPS, 15 ans après sa parution. Ses 6 familles structurent toute analyse rigoureuse. La nouveauté 2026, c'est que les outils digitaux permettent désormais un pilotage continu qui complète utilement les enquêtes classiques — sans les remplacer. Pour en savoir plus sur l'intégration dans votre DUERP, lisez notre guide DUERP 2026.